Cet hiver passé à Ouessant est une expérience que mon corps parviendrait mieux à exprimer. Chaque jour se lever, dans le froid des murs du sémaphore protecteur. Ces larges murs qui m’isolent du bruit de la mer, de la fureur des éléments, juste en bas de la fenêtre de ma chambre. En tirant le rideau je peux évaluer l’état de la mer et c’est mon unique préoccupation pour Imaginer quelle direction prendra ma journée. Je descends l’escalier pour parvenir à la cuisine, un étage plus bas par ce couloir où le vent s’engouffre et siffle quand la tempête se déchaîne. Par les deux fenêtres de la cuisine je vois la qualité de la houle, le sens du vent, la lumière du matin sur les rochers en contre-bas ; au loin sur mon Est, un bout de l’île Keller et sur mon Ouest, le phare du Nividic. Je commence à imaginer ce que ce jour me réservera. Trop de vent signifie que je marcherai et prendrai des photographies autour du sémaphore, moins de 90 km/h me permet d’envisager une randonnée plus lointaine en vélo. Si la pluie est vraiment trop forte, je resterai travailler au sémaphore et sortirai plus tard.

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Résidence au sémaphore du Creach / Île d’Ouessant

Décembre-mars 2014

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2016 © création Maria Caroff